Par : Habiba Adib
J’ai fui les brasiers de la guerre pour m’exiler en un lieu reculé, emportant dans les replis de mon âme des cicatrices encore vives. Je croyais, enfin, avoir délié de mes chevilles les chaînes de l’Histoire. J’ai quitté le Liban, cette terre qui ne s’est pas contentée des affres d’une seule occupation, mais qui a ployé sous le joug de deux dominations : entre l’oppression imposée par les forces de dissuasion et de tutelle, et l’arrogance de l’occupation israélienne qui a violé la terre et la sérénité.
Alors que les politiciens s'entendent parfois dans l’ombre des coulisses, c’est nous — les enfants de ce peuple — qui avons été consumés par les brumes de la méfiance et qui avons goûté à l’amertume de la criminalité et de la violence systémique. Mon refuge au Canada était un élan vers la paix, une promesse que je m’étais faite de ne plus jamais entendre le tintement des fers.
Pourtant, les échos venus des États-Unis réveillent en mon sein les cauchemars de la transgression. Voir des ambitions expansionnistes poindre à l’horizon, et voir le Canada — mon sanctuaire — devenir la cible de velléités hégémoniques sous des prétextes sécuritaires fallacieux, rallume l'incendie de la peur dans les couloirs de ma mémoire. La tragédie de l’exilé aujourd'hui ne réside pas seulement dans la perte de sa géographie natale, mais dans la découverte amère que la sécurité du monde entier est devenue l’otage d’une logique pragmatique féroce, qui ne reconnaît ni la sacralité des frontières, ni la quiétude des peuples.
Comment puis-je fuir « l’occupation » à l’Orient pour la retrouver aux aguets dans les confins du Nord ? Évoquer la spoliation des terres sous prétexte d'une incapacité à les défendre n'est que l’écho de cette loi du plus fort qui a déchiqueté ma patrie d'origine. Aujourd'hui, cette même logique menace la tranquillité de ma patrie d'adoption et nous place face à une question d'une cruauté infinie : où commence la paix, quand ne s'arrêtent jamais les convoitises des titans ?
Alors que les politiciens s'entendent parfois dans l’ombre des coulisses, c’est nous — les enfants de ce peuple — qui avons été consumés par les brumes de la méfiance et qui avons goûté à l’amertume de la criminalité et de la violence systémique. Mon refuge au Canada était un élan vers la paix, une promesse que je m’étais faite de ne plus jamais entendre le tintement des fers.
Pourtant, les échos venus des États-Unis réveillent en mon sein les cauchemars de la transgression. Voir des ambitions expansionnistes poindre à l’horizon, et voir le Canada — mon sanctuaire — devenir la cible de velléités hégémoniques sous des prétextes sécuritaires fallacieux, rallume l'incendie de la peur dans les couloirs de ma mémoire. La tragédie de l’exilé aujourd'hui ne réside pas seulement dans la perte de sa géographie natale, mais dans la découverte amère que la sécurité du monde entier est devenue l’otage d’une logique pragmatique féroce, qui ne reconnaît ni la sacralité des frontières, ni la quiétude des peuples.
Comment puis-je fuir « l’occupation » à l’Orient pour la retrouver aux aguets dans les confins du Nord ? Évoquer la spoliation des terres sous prétexte d'une incapacité à les défendre n'est que l’écho de cette loi du plus fort qui a déchiqueté ma patrie d'origine. Aujourd'hui, cette même logique menace la tranquillité de ma patrie d'adoption et nous place face à une question d'une cruauté infinie : où commence la paix, quand ne s'arrêtent jamais les convoitises des titans ?
Habiba Adib : Écrivaine et chercheuse libano-canadienne basée à Montréal. Ses travaux portent sur l'analyse des mutations politiques et sociales de la société québécoise.
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